Ou l'on apprend a perdre son temps...
C'est l'histoire d'une inscription à Jawaharlal Nehru University (JNU, pour les intimes). Et l'histoire de 5 jours de labeurs, où 5 pauvres étudiants français sont trimbalés de bureaux en bureaux des heures durant. Quelques milliers de mètres de couloirs traversés, une dizaine d'aller-retour entre le bloc administratif et le Health Center et de longues marches entre les hostels et les centres d'études. Récit par étapes.
Etape Un. Nous arrivons frais et pimpants lundi, déterminés à s'inscrire comme Casual Student (pour les étrangers, sans frais supplémentaires et sans passer les exams!) Bien sûr, logiquement nous sommes Casual student under SSP (c'està dire qu'on paye 800 euros l'année...merci Sciences-Po) mais personne n'a l'air trop au courant alors autant tenter le coup. Paul, vice-président de l'association des étudiants étrangers, nous amène dans une salle et nous indique le monsieur à consulter. Nous l'appelerons Mr X pour faciliter le récit. Mr X a l'air gentil. Ils nous demande quand même d'attendre que tout le monde passe avant de s'occuper de nous. Au bout de quelques temps, on se demande s'il ne nous a pas oublié mais non, il se lève et nous emmène dans un autre bureau. C son bureau, le bureau de Mr X. Il a même 3 secrétaires, qui ouvrent deux dossiers poussièreux à l'heure et discutent en rigolant. Il trouve nos dossiers, nous donne 4 fiches à remplir ( 4 folios) (verte, bleue, blanche, rose) et nous demande notre certificat médical. Nous n'avons pas de certificat médical. Mr X nous regarde: Pas de certificat, pas d'inscription. Bon. Vraisemblablement, il est possible de se faire faire un certificat médical au centre médical de JNU,à une dizaine de minutes à pied. Nous prenons nos fiches et nous dirigeons vers le centre. Un médecin nous accueille. Il refuse de faire un certificat si nous n'avons pas une signature du Brahmananan, le grand chef. Il lui téléphone pour le prévenir. Un peu déconfits, nous voilà repartis, cahin caha, vers le bloc administratif pour obtenir cette malheureuse signature. Nous entrons dans un bureau très climatisé, où Brahmamanan trôneau milieu de dossiers, une tasse de tchaï posée sur son bureau. Il ne comprend pas pourquoi nous n'avons pas apporté de certificats médicaux. Il nous montre que c'est écrit sur la lettre de l'université. Nous acquiescons, penauds, essayant de lui expliquer que la lettre, nous l'avons eu in extremis 5 jours avant de partir mais il ne nous écoute déjà plus et signe quelques papiers qu'un assistant vient lui remettre. Nous attendons, silencieux. Il nous regarde, s'étire, réfléchit intensèment. Bon. Il consent à nous faire les signatures. Nous poussons des soupirs de soulagement intérieurs. Il fait chaud mais la saga continue. Retour au Health Center. Le médecin nous indique une femme médecin. Mme Veera B. Une grosse femme médecin, très moche, avec un sari tout délavé. "One by one"dit-elle. J'ouvre mon livre d'Ella Maillard et nous attendons. J'entre dans son bureau, je m'assois sur un tabouret à côté d'elle, elle marque plein de mots bizarres sur ma fiche, me demande des trucs dans un anglais abominable et donc bien sur je ne comprends rien, je dis Yes, yes et elle me regarde bizarrement. Serious illness? No. Ok, elle m'expédie, en me disant "Come tommorow".
Etape Deux.
8h15 Nous arrivons au Health center. Nous avons mangé ce matin. Impossible de se faire faire la prise de sang. Mme Veera B nous prend pour des idiots. Elle a l'air de dire qu'elle nous avait expliquer ce qu'il fallait faire. Je vais voir une autre médecin pour le test des yeux. J'en ai marre alors je lis les lettres en français. ça n'a pas l'air de la gêner, elle me met quand même 6 sur 6. Après, je retourne dans le bureau de Mme Veera B qui me réexplique tout: il faut allerà l'hôpital pour la radio des poumons. "I won't be able to deliver a health certificate, if you don't have a X-Ray. You understant?" Ok, I understand. "Do you know what is a X-Ray? Yes, that's a radio. Regard bizarre. "A photo. You understand?" P*** de certificat. "Talk to your friends, ok?" Ok, ok...Elle vérifie ma respiration. "Répétiteugainandeugain" Je sors enfin de son cabinet. On réfléchit à une issue de secours. Peut-être qu'un médecin de l'ambassade pourrait nous faire un certificat sans doutes ces complications. Nous appelons l'ambassade mais les médecins refusent. Nous sommes véritablement obligés d'obéir à cette Veera B. Nous prenons alors le rickshaw pour Pria Center, direction Hôpital. A l'hôpital nous sommes émerveillés par la rapidité avec laquelle le personnel s'occupe de nous. Nous sommes aussitôt introduit dans une pièce où le cardiologue nous fait la radio, les uns après les autres. Le matériel est un peu vieux et rouillé mais pas plus que dans les vieux cabinets d'ophtalmo français. On nous explique que dans deux heures, nous aurons les résultats. Deux heures plus tard, le cardiologue m'indique qu'il a eu un problème avec ma radio. Rebelote. Une demi-heure plus tard, il nous ramène nos radios. Tout est normal. Je n'ose même pas imaginer c qui ce serait passé s'il m'avait détecté un cancer du poumon...
Etape Trois
Nouveau matin, nouvelles aventures dans les couloirs. Cest le jour de la prise de sang. 9h: premiere prise de sang. Pause the au KC Complex d’a cote. A 11heures, on y retourne mais un peu trop tot aux gouts des medecins qui nous proposent un petit test d’urine. Rien de bien mechant: prends ton flacon devant tout le monde, amuse toi a le remplir dans des toilettes a la turque sans papier toilette et rapporte ta substance ensuite…cela faisait une ternite que nous navions pas fait ce machin la. En tout cas ils sont contentsm ils nous refont une petite piquouse et puis nous demande dattendre jusqua 13h30. Attendre, attendre, quell mot savoureux…et que nous maitrisons si mal dans les faits. Certains grognent, dautres restent sans rien faire et maudissent interieurement nos amis les indiens. Et le temps passé. Doucement. Il est 14h50, Veera B refuse de nous delivrait notre certificat sous pretexte que c l’heure de sa pause. Cris, desespoir, pleurs. Je lui aurais bien pince les bouts de gras qui depassent de son sari.Finalement elle accepte.
Joie, espoir, alleluia…nous avons le papier. Quelle joie. Cest dingue comme lattente permet daugmenter la satisfaction obtenue après chaque pas que nous faisons.
Retour donc au bloc ad;inistratif pour voir MrX, tres souriant et charmant et qui nous explique simplement quil faut payer ;aintenant tout de suite. AARg. 400 euros dun coup. Bon. En fait on avait un peu prevu, donc nous arrivons tout contents avec nos milliers de roupies et la ca ne va pas parce que le change nest pas le bon et que la dame du bureau na pas envie de nous faire plaisir. Elle nousr egarde avec un petit sourire ironique et explique quelle fera venir quelquun demain qui connait le cours du change. Desespoir. Mais heureusement, Mr> X notre sauveur arrive, appelle quelqu’un dautre qui nous fait la conversion et meme si cest bizarre parce quil nous demande 8 euros en plus, on peut enfin payer. On arrive a la cabine du tresorier. Il nous regarde a peine et dit ‘come tomorrow’ AAAAAArg. Deux fois aarg. Saperlipopette. Apres reflexion, jai li;pression que cest leur blague favorite. Parce quapres avoir insiste un peu, finalement ;onsieur accepte gentillement de faire des heures sup’
Et quelaues instants plus tard, après nous avoir fait nos petites receipts que nous photocopierons avec soin pour Monsieur Descoings, Mr.X nous souhaite la bienvenue a JNU. Youhou fiesta cha;pagne. Ca y est. Presque
Etape quatre.
De revivre toutes ces etapes ca ma donne mal a la tete alors je pense que je vais marreter la mais sachez bien que le lendemain et le surlendemain nous avons du faire tout un tas de parcours du center de sociologie jusququ bureau de monsieur machin et refaire signer telle feuille pour la redonner par ici. Enfin vous nimaginez pas le nombre de personnes quil a fallu voir. Et les indiens ne sont jamais presses, ils font tout calmement, trop calmement. Apres tout ca, nous avons appris a accepter de revenir sur nos pas, a attendre sans rien dire et peut etre n’est-ce pas une si mauvaise chose…