HARIDWAR 12-13 aout

Publié le par Naike

 

Il est 5 heures du matin et le Gange court au meme rythme qu’hier soir. Un bruit identique mais pas les memes couleurs. Les remous du fleuve sont encore sombres mais tres vite brillent sous les premieres lumieres du jour.

A nos pieds des dizaines d’hommes dorment sur le sol poussiereux dans des couvertures de fortune. Durant leur sommeil, les enfants ont remue leur petits corps. Leurs tetes touchent maintenant la pierre froide. Ils toussent.

Le mouvement de la brise accompagne celui du fleuve.

Et deja les rives se remplissent de monde. Les vieux sadhu se lavent presque nus et reajustent ensuite leur sobre parure orange, maigre pagne autour de leurs hanches saillantes. Ils ont des regards sombres et de longs cheveux sales qui s’emmelent dans leur barbe.

A 5h30, la musique s’eleve des hauts-parleur. La journee commence. On discute et on laisse les enfant courir un peu partout. L’eau recueillie au creux des mains, chacun execute la puja matinale. Au loin, derriere l’immense statue de Shiva, le ciel est orange et les nuages scintillent, éclairs par un soleil  qui se cache encore. Et la brume, au dessus du Ganges acre, se dissipe. Et soudainm tres vite, le soleil pousse derriere la colline. Une lumiere deja forte. Il est 5h50.

 

Il y a les petites filles qui nous decorent d’un point rouge sur le front, les vendeurs de bidons, les marchands de fleurs et les distributeurs de lait sacre, sperme de Shiva destine a rejoinder l’autre liquide, celui du fleuve.

 

Melange des fluides

Dissolution des poisons

On lave et on purifie

 

 

 

‘Maman voulait que les os de Papa fussent purifies, eux aussi, et certainement pas n’importe ou. A Haridwar. Comment lui refuser ce dernier voeu? Elle nous accompagna jusqu’au temple ou l’urne avait sejourne, et craqua, de nouveau, en realisant ce qu’elle contenant. Ce fut son ultime defaillance. Elle rentra chez elle et regagna sa puja. Le pandit Sharma, Tips, Tally et moi nous mimes en route pour Haridwar. C’est la que le Shikari, ainsi qu’on se plut a le croirem et les supersistions vont infiniment plus loin que la realitem nous joua sa derniere farce.

 

            On avait fait le voyage de Haridwar plus d’une fois, en tourists. On connaissait chaque village, chaque virage des trios cents et quelques kilometers qui le separent de la ville de Raipour. Quant au pandit Sharma, il faisait la navette sur ce parcours a des fins religieuses depuis qu’il etait enfant. Mais quelque part en chemin, tout le monde dut s’endormir, car en cessant soudain de reconnaitre une route archifamiliere, on s’apercut qu’on venait de se taper quatre-vingts bons kilometers hors du sentier battu, et qu’on s’engageait sur une route interdite menant a Haridwar, a travers une epaisse foret nationale.

 

            Interdite, elle l’etait, cette route, a cause de son etait deplorable, pleine de nids-de-poule et de larges craters. Les gardes forestiers nous deconseillerent de tenter l’aventure. Mais Tipsm au Volant d’une voiture qui en avait vu bien d’autres dans nos forets brousailleuses, declara: ‘Quelle connerie!’ Et nous voila partism a travers une des dernieres forets inondables des monts Shivalik.

 

            La plus verte, la plus dense, la plus mysterieuse de toutes les forets qu’il m’eut donne d’affronter. On vit des familles de faisans kalij, que je croyais disparus depuis des annees, detaler a travers la route boueuse. Un elephant solitaire, et ils netaient pas nombreux dans le secteur en ce temps-la, nous avait precedes, laissant derriere lui de gros tas de bouse fumante. On pouvait discerner ou il s’etait grate le dos contre les tecks, en tyrant des branches avec sa trompe, sans doute fort peu de temps avant notre arrive. Les ponts de bois qui franchissaient les cours d’eau etaient tous demolish. On continua notre route a grands coups de derapages pas toujours controles, on s’en tira par la peau des fesses, on atteignit Haridwar geles jusqu’aux moelles et on mit pied a terre, les jambs flageolantes, notre urne a la main.

 

            Aux pandits qui se precipitaient pour nous offrir d’autres ceremonies semblables ou analogues a toutes celles dont on avait deja ras le bol, Tips conseiller d’aller se faire foutrem on vida les os de Papa dans le Gange ou ils s’engloutirentm et on repartit sans attendre, par le bon itineraire.’

 

 

Inderjit Badhwar, La Chambre des parfums (2004)

Publicité

Publié dans Carnet de voyage

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Tu m\\\'as donné envie de lire ce livre, je viens juste de le terminer... avant de commencer le pavé des bienveillantes<br /> pensons bien à toi<br /> quand est-ce que tu nous mets des photos de toi dans ton album ?<br /> Christine (la maman de paul !)<br />  
Répondre